Au lever, avant de prendre la route, on fait une petite marche pour descendre en contrebas de notre stationnement et découvrir une micro plage bordée de rochers découpés comme de la dentelle. Le terrain est un peu accidenté mais c'est splendide, on ne regrette pas notre curiosité.

Traversée sans encombre du check-point et nous voilà enfin en Western Australia. L'agent de contrôle de quarantaine n'a fait aucune difficulté. Faut dire qu'on est disciplinés et qu'on s'est scrupuleusement débarrassés de tout aliment illicite. On a même droit à un petit compliment comme quoi notre van est propre et bien rangé (c'est dire l'état des vans qu'elle doit voir passer d'habitude…).

Petite explication de l'agent sur l'interdiction du miel (ça nous intriguait) : Les ruches sont contaminées par 2 ou 3 saloperies distinctes à travers l'Australie, sauf  en Western Australia, Tasmanie et Kangaroo Island. Le miel produit dans les autres endroits est porteur de la saloperie (appelons ça comme ça à défaut de savoir de quoi il s'agit, notons néanmoins que ça ne doit pas impacter l'humain). Malheureusement les abeilles ont la fâcheuse habitude de ramasser les gouttes de miel qui trainent (dans la poubelle par exemple) et d'emmener ça à la ruche, la contaminant à son tour. Le miel qu'on avait fini le matin même venait de Tasmanie, donc théoriquement "safe", mais je ne pense pas qu'il y aie d'exception à la quarantaine, à confirmer. Pour ce qui est des fruits et légumes ça tient à une histoire de mouche. Bref…

Western Australia donc, nous y voilà. Juste après la "frontière" on fait une petite pause à Eucla pour aller se promener sur une splendide dune de sable blanc, et observer avec curiosité les ruines ensablées d'une vieille station télégraphe.

On se félicitait hier des températures clémentes, ben ça n'aura pas duré. Vive le soleil et un ciel immaculé, mais 'stie qu'il fait chaud! Les arbres ont refait leur apparition dans le décor, c'est bon signe : on avance. On voit aussi de plus en plus de restes de kangourous sur le bord de la route. On interrompt plusieurs reprises le funeste banquet de nuées de corbeau. Parmi eux on aperçoit d'énormes rapaces noirs. On en voit même un trainer la dépouille d'un kangourou du milieu de la route jusqu'au fossé pour pouvoir poursuivre son repas en toute quiétude. Par d'autres endroits il ne reste souvent plus qu'un squelette blanc livré au soleil, les nettoyeurs ont bien travaillé. Entre la chaleur, les charognards, et le fait qu'on croise de moins en moins de monde (et quasiment plus de poids-lourds), on ressent de plus en plus le coté "désert" de cette route. Les petits signes qu'on se fait au volant entre automobilistes nous rappellent qu'on est tous sur cette route dans la même galère, et qu'en cas de soucis on pourra compter sur les autres. Ça rassure quand on voit aussi les restes de pneus explosés sur le bas coté. On a bien vérifié la pression avant de partir, pas de raison que ça nous arrive.

Bande son du jour : Tété (je me laisse pousser les envies...), Riké (l'aiguille bloquée sur le tranquille...) et un air deux familles (pour se réveiller un peu mais pas trop dans les dernières lignes droites).

On finit le trajet par la plus grande ligne droite du continent : 146,6km sans l'ombre d'un virage. Encore plus de 500km de passés en fin de journée, bientôt la fin de la traversée. Petite soirée tranquille à se faire dévorer par les mozzies (moustiques). Ah ben ça faisait longtemps! Sales bêtes! On essaie de décider un programme pour demain : Esperance (route de la côte par le sud) ? Kalgoorlie (route des mines par le nord) ? Encore rien de certain.

Notez qu'aujourd'hui on a perdu 1h30 (ou gagné, question de point de vue). Comprendre qu'on a changé deux foix de fuseau horaire dans la journée, et que nous sommes désormais calé sur l'heure de l'ouest, plus que +8h de décalage avec la France, et -2h par rapport à Sydney.